Histoire de Saint Didier de Formans

Saint-Didier-de-Formans : trois sites, une histoire
 Durant de nombreux siècles, Saint-Didier-de-Formans a vécu essentiellement des cultures du froment et de la vigne ainsi que de l’élevage. Avec l’évolution  régionale, de nombreux cultivateurs ou vignerons se sont tournés vers l’artisanat ou le tertiaire. Sur l’espace communal, une magnanerie a vu le jour ; mais c’est surtout la spécialité locale qui a attiré le plus de candidats : le tirage de l’or ou de l’argent.
 Si un certain nombre de Désidériens travaillent sur place à la filière Brenon, beau­coup besognent dans les filières de Trévoux. Puis l’artisanat se développe, ou bien d’autres partent travailler dans des entreprises plus éloignées. 
L’histoire de Saint-Didier-de-Formans se révèle très ancienne. Du paléolithique à nos jours, elle s’est déroulée en trois étapes qui ont chacune donné naissance à trois sites différents : « La Paillassière », « Le Vieux Bourg », le « Nouveau Bourg ». 
C’est au lieu-dit « La Paillassière » que le centre de vie a perduré durant plusieurs millénaires. Sur ce site, les fouilles successives des archéologues ont permis de dégager des vestiges datant du paléolithique et du néolithique.
Là s’est développée à l’époque augustéenne une vaste et opulente villa gallo-romaine, s’étendant sur plusieurs dizaines d’hectares et qui, au VIe, siècle, exerçait encore son activité agricole. Bien plus tard, (au XIe siècle), c’est à proximité que s’installe la puissante seigneurie des sires de Tanay.
Les invasions barbares ont probablement amené les habitants à investir la butte de l’actuel vieux Bourg, ainsi qu’en témoignent les substructures retrouvées d’un château remontant au XIe siècle, totalement détruit par la suite ; à la même époque fut construite une église qui est rasée dans la seconde moitié du XIXe siècle, et dont un des murs est resté intégré à l’actuelle chapelle. Sur les éléments du château du XIe siècle, César de  Bernoud, qui venait d’acquérir des terres et les droits de justice sur Saint-Didier-de-Formans, a fait construire un manoir, vite transformé en château. Si les seigneurs de Tanay ont profondément marqué l’histoire du village aux XIe et XIIe siècles, ce sont les Hubert de Saint Didier qui l’ont le plus imprégnée.
Durant de nombreux siècles, la religion a orienté la vie des hommes. Saint-Didier-de-Formans en a gardé des traces avec ses églises, chapelles  et croix de mission diverses. Ce sont les édifices religieux qui ont déterminé les centres de vie des paroisses. Autour d’eux se regroupaient les cafés, et autres commerces. Saint-Didier-de-Formans n’a pas échappé à la règle : l’édifice du culte catholique a été déplacé au lieu dit « Le Berrier » à la fin du XIXe siècle.
Progressivement, les cafés et les commerces du Vieux-Bourg ont suivi, engendrant la construction de nouvelles habitations et de la mairie-école et donnant naissance à l’actuel cœur de village.
Aujourd’hui, avec le développement démographique, l’ancien et le nouveau bourg sont réunis. Alors que ces deux lieux-dits ont même appartenu durant plusieurs siècles à des juridictions différentes. Acheté en 1239 par l’Eglise de Lyon, un tiers de la paroisse, situé au  nord-ouest, est devenu portion du « Franc Lionnois ». Situé sur les hauteurs, il s’est retrouvé indépendant des deux autres tiers inclus dans la Principauté de Dombes : le Formans, qui traverse le village  d’est en ouest, servant de frontière entre ces deux « païs ». L’importance de ce ruisseau ne s’arrête pas là ; irrigant les cultures par ses biefs et créant une activité importante avec ses trois moulins, il a été un facteur prépondérant de l’activité du village.
Il n’est pas possible de parler du Formans ou de l’histoire du village, sans évoquer le drame qui s’est déroulé au lieu dit Roussille en 1944 et que commémore un monument dressé sur place.
Le nom du village a évolué avec son histoire : à l’époque gallo-romaine, il s’appelait Vindonissa, Vendonessa ou « Vendonesse ».
A la suite du martyre de saint Didier en 607, et de la translation de son corps à Vindonissa en 620, le village prit le nom de Sanctus Desiderius de Vindonissa, puis Sanctus Desiderius in Bixia (Saint-Didier-en-Bresse) et enfin Sanctus Desiderius in Dombis. Le ruisseau, frontière naturelle au cœur de notre village lui donne ensuite son nom : Sanctus Desiderius in Dombis devient Sanctus Desiderius de Froment, évoluant enfin vers la forme « de Formans ». Pour montrer sa fidélité à la « Montagne », victorieuse des Girondins, la municipalité de l’époque supprime le Sanctus Desiderius durant un an : le toponyme devenant Fromant (ou Froment) la Montagne. Une fois la tourmente révolutionnaire passée, notre village retrouve son nom – francisé – des XIIe-XIVe siècles : Saint-Didier-sur-Formans puis Saint-Didier-de-Formans.
Mieux connaître Saint-Didier, c’est mieux connaître son histoire, par le biais des trois sites qui l’ont fait vivre : l’espace  gallo-romain de « La Paillassière », l’espace médiéval du « Vieux Bourg » et le « nouveau cœur de village».
La visite de Saint-Didier-de-Formans  qui vous est proposée est construite à partir de chacun de ces trois sites, détaillés plus loin. Profitez-en aussi pour découvrir les sites plus récents qui se sont greffés autour d’eux.


Vindonissa

Vindonissa la Romaine
Situé à La Paillassière, Vindonissa, premier site connu de notre village, était d’une réelle influence, tant par son opulence que par son étendue. Les fouilles dirigées par Charles Caclin ont permis d’y découvrir des enduits peints de couleur, des mosaïques (plus d’un millier de tesselles de pierre, de brique, de pâte de verre), du marbre blanc et des éléments de pavage en pierre noire,  de nombreux tessons de céramiques (sigillées, terra nigra, etc.), des monnaies, et une magnifique tête de statue en marbre blanc.
 En outre, l'existence de nombreux toponymes romains locaux suggèrent la présence d'une vie romaine avoisinant le site princi­pal de la Paillassière.
 Les multiples vestiges (écuelles, assiettes, jattes, pots, etc.) trouvés sur le site, et appartenant à des époques successives témoignent de l’activité qui y régnait. Elle s'exprimait dans des occupations diverses.
Agriculture : Comme les autres sites romains des environs, le site de la Paillassière est en limite de plusieurs catégories de sols, ce qui favorise la variété des cultures : cul­tures maraîchères, produc­tion de froment en plaine, et culture de la vigne sur les hauteurs.
Elevage : Les nombreux dé­chets de poulets retrouvés dans le puits de la villa gallo-romaine par Valentin-Smith (XIXe siècle) indiquent la présence de leur élevage sur place. On peut également supposer la présence d’un élevage de porcs, activité dans laquelle les Gaulois étaient experts et animal dont les Romains étaient friands. 
 Artisanat : Valentin-Smith évoque la présence d’une forge, et Charles Caclin celle d’une fonderie de verre.
 Commerce : La Paillassière est un établissement exportateur. Les gros centres de production sont tous situés sur la côtière et au débouché de talweg. Cela permet à ces centres plus importants de commercialiser les productions des petits fermiers implantés sur le Plateau.

 
Naissance et fin de Vindonissa

Déjà avant la venue des Romains,  la Gaule possède un efficace réseau de communications : les fleuves et leurs affluents praticables sont très utilisés. La Saône se taille une place de choix dans ce réseau fluvial. La voie de la rive gauche, plus proche de la rivière, relie Lyon à Mâcon en passant sans doute à la Paillassière où elle croise la voie conduisant à Châtillon. On le voit, Vindonissa peut commercer assez loin pour exporter ses productions locales : produits maraîchers ou d’élevage, vins, verreries… Elle importe également des fournitures venant, elles aussi, de loin (notamment de Rome, tels que des articles de luxe), ou des huîtres dont J. E. Valentin-Smith a retrouvé de très nombreuses coquilles dans le puits du site. 
Pour construire l’importante villa de la Paillassière, les Romains disposaient sur place de nombreuses matières premières. La terre d’excellente qualité, pour ce type d’usage, permet de construire directement des murs ou de fabriquer des briques cuites. Le sable peut être puisé dans le lit de la rivière ou dans des carrières à ciel ouvert.  Les galets trouvent un usage dans les fondations ou dans l’élaboration de certains murs. Le bois, proche et abondant, servait aux constructions, au chauffage, aux fours à chaux.
La Paillassière continue à fonctionner jusqu’à la fin du IVe, voire le début du Ve siècle. Durant cette longue période, la vie du site et sa fonction ont évolué. C’est, sans doute, sous une autre forme qu’il est encore fréquenté au VIe siècle. 
C’est donc pendant plus ou moins 6 siècles que le cœur de notre village, du nom de Vindonissa est situé à La Paillassière. Le site n’a pas donné naissance à un village plus récent. Il paraît probable qu'à l'époque médiévale le regroupement de la popu­lation sur l’agglomération de Trévoux se soit fait à son détriment, estime Charles Caclin. En l’état actuel des recherches, il ne nous est pas permis d’en savoir plus.  La présence de pierres rougies et de cendres abondantes, parmi les vestiges, laissent à penser que le site fut la proie d’un vaste incendie. Certains auteurs y voient la preuve d'une destruction massive : « Le régime de violence inauguré par les barbares, accourus du fond de la Germanie, se continuera pendant une grande partie du moyen âge. On se regroupait autour des châteaux et des villes et personne n’osait s’aventurer à construire une demeure dans les grands bois ou dans les plaines qui couvraient les deux rives de la Saône», écrit Adrien Arcelin (« Les berges de la Saône », dans La revue du Lyonnais, Série 3, n°5, 1868, spéc. p. 275).  La vie du site de La Paillassière s'est probablement achevée dans un incendie.

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